Mixologie – C’est quoi ? L’Inde et ses troupes touristiques. Difficile d’écrire à propos de ce voyage. Difficile de comprendre quelque chose et cette culture vibrante , débordante, souvent impassible. Le regard des gens : quelques mots pratiquement insignifiants pour un étranger entier, un touriste parfait, face a l’ampleur du territoire et de sa population.
L’Inde est déjà globale sans ses hordes de touristes occidentaux (ou autres). Alors Mixologie, c’est juste peut-être une illusion publicitaire pour le confort psychologique d’une minorité dans un environnement transitoire tel qu’un hotel de luxe.
Commment surpasser ces contrastes au bénéfice d’un tourisme d’ordre multiple ? Il faut leur demander aux indiens. Les visiteurs de six mois ou plus ou moins qui occupent le terrain, viennent donc de ces pays “riches” ou les differences éthniques et culturelles ne sont absolument pas prises en compte de la même manière (à prioiri).Comment c’est de rencontrer les choses, les gens quand on voyage. Pas de point, pas de point d’inderrogation. Le hasard et la morphologie, de la topographie et du climat, une histoire d’environement. J’ai “cassé” la rêgle de lecture, de ne pas lire les livres traduits. Et j’apprécie le SNOW d’Orhan Pamuk. Ca parle de l’autre bout de la Turquie où je n’ai jamais mis les pieds, au debut de ces contrées moyen-orientales que je souhaite depuis longtemps plus explorer, mieux connaitre, pour le dire de manière presque inexacte. Il s’agit de l’envie, du désir de déchiffarge (“déchifrement”) de l’autre, de la difference irrevocable, incontournable. Celle qui se dépasse, se dissipe de manière illusoire, après une brève rencontre avec une culture normalement si étrangère.
Bitches Brew de Miles Davis : cet énorme disque sans limite culminant dans l’instabilité, l’unicité et l’éthnicité multiple de ses couleurs faisant écho à cette sensation d’embrasser momentanément une autre culture. Dans le cas present il s’agit de l’Inde. En fait mon expérience sensible se trouve toujours à une distance certaine de ce sentiment, encore bien loin de “l’achèvement”. Le paroxisme du dit disque, semble donc impossible à transposer sur un bout de brèves étapes de vie relativement courtes, notament définies par des paramètres touristiques assez inévitables.
Si la musique est souvent un language sans parole ou sans le même sens que les mots nus (non adjacents à quelconque autre forme de communication), il ne reste qu’une espèce hybride de sensitivité éparse le plus souvent insaisisable dans sa réalité propre. Il ne sagit pas de quelqu’un, mais de quelque chose, d’un environnement particulier : “l’autre”, tout ce qui est semble-t-il, extérieur à soi-meme. Il ne s’agit pas vraiment d’essayer de comprendre, d’identifier ou d’apprendre ou de prendre sur soi, en l’occurence plutôt de froler, d’approcher réelement ces differences.
En retour, il doit y avoir quelque chose qui vous arrive évidement. C’est indéniable mais ca ne signifie pas automatiquement une meilleure connaissance de soi. La question n’est pas là. L’intérêt est ailleurs. Le voyage est une éducation (et si ce dernier mot presque une ignominie), c’est un point de vue bien trop vague et general pour traduire cette idée. Tout depend où, quand et comment. L’Inde vient à moi avec le bénéfice du doute constant, et avec plaisir, plus une expérience du voyage surement engrangée au cours des années précedentes. “L’observance” est-il un vocable correct ? Si non, il me semble alors encore plus juste pour évoquer la question. C’est apparement sans vraiment le savoir, que j’ai commencé à ecrire a ce sujet, en Afrique du Sud, il y a un peu plus de six mois. C’était en anglais et désormais c’est ma langue natale qui parle. Est-ce à cause d’Orhan Pamuk ? Peut-être, de son livre moins, de ses livres, beaucoup plus probablement. Comment lire un language qu’on ne comprend pas ? Comment “vivre” un pays, approcher sa culture sans maîtriser ou du moins envisager une compréhension élementaire de la langue ? Grande question et réponses que je ne cherche pas, solutions peut-etre… mais la vie est ailleurs. Le language ne semble pas être un handicap insurmontable, dans un pays aux nombreux idiomes regionaux, et marqué par une quasi omnipresence de l’anglais.
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Richmond, Virginie, mai 2005 : deux sikhs m’aident à attraper mon bus pour la capitale. Peu de mots prononcés mais en résulte un sentiment si étrange, inattendu alors que l’on m’a souvent répété que je devrai voyage en Inde. Et je m’obstine toujours à compléter une collection de photographies nord-americaines. Deux mois et demi plus tard, me conduisant à O’Hare, un coréen m’explique qu’il est ici pour gagner plus correctement sa vie, et eventuellement apprendre, mais qu’il n’aime pas le pays. Point de vue que je ne peux personellement partager.
Ces rencontres et bien d’autres instillent ma curiosité, et provoquent plus ou moins consciement le désir d’y voir un peu plus loin que l’occident comme on le nommait fréquement à la fin du vingtième siècle. Il semblerait que le terme est aujourd’hui employé à bon usage beaucoup plus sporadiquement.
Chinese Children une chanson drolatique et faussement prémonitoire ou un certain réalisme qui pourrait facilement prendre le dessus sur le sarcasme et l’incongruité apparente du propos. Si le language ne présente pas un obstacle définitif dans la decouverte de cet étranger, il implique une diversion inévitable, une approche inéluctablement “étrange”. Spéciale, distante par rapport à celui qui connait la langue, la démarche est plus fastidieuse, degagée, parallèle, Il m’est difficile de conceder au fait que je vais véritablement comprendre quelque chose, plutôt admettre que je crois atteindre un niveau de compréhension et d’interprètation. Les images demeurent le but ultime, un achévement en soi, qui n’augure aucune explication sérieuse ou de quelque façon profonde. C’est ce reflet biaisé de la réalité que la photographie permet d’obtenir. Les commentaires ou adjonctions verbales sont fortuits ou absolument dispensables. Il ne s’agit pas ici de parler des images elles-mêmes mais de l’expérience sensible, humaine, sociale et culturelle que leur réalisation à engendrée.
Il n’y a pas de photo de ce souvenir de Virginie, mais d’autres Sikhs croisés à Beyrouth ou Barcelone se sont insinués dans mes machines photographiques, ou encore dans le design d’une page web. Pourquoi ces quelques indiens parmi les plus emblématiques de leur pays d’origine ? Une drôle histoire, une histoire pas vraiment claire, si ce n’est cette attraction vers l’inconnu, une sorte de mythologie nouvelle, totalement hors de ma culture et flirtant avec le merveilleux dans mon imaginaire collect(if)eur.
http://julpkrauss.blogspot.com/2007/06/concrete-jungle.html
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http://www.julpkrauss.com/sunshine.html
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Et cet élément imparable, le turban coloré ou immaculé, impeccable, surement installé, est le détonateur à ce titillement iconographique. C’est assez difficile de comprendre pourquoi. Je n’ai jamais vraiment lu ou vu de livres, films ou autres, peuplés de personnages ainsi appareillés. Une histoire de goût ? Un cliché vestimentaire oriental pour l’européen moyen du 19e et 20e siecles ? La tangeante entre ces sikhs croisés avant et en dehors de l’Inde et la confrontation avec la realité du pays, est incertaine et probablement inconsistante. “Le Paysan de Paris visite vos temples (hindous de préférence), et vous n’avez pas vraiment besoin de comprendre..” serait un extrait halluciné d’une brochure touristique s’adressant aux masses ocidentales. Evidement il y a toujours ceux ne pouvant se sentir que singulier par rapport à cette dénomination générale (quant bien meme attribuée à une dite masse). Et je ne vous parle même pas des habitués.
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Cela dit, les temples en question témoignent et ménagent subtilement une culture lontaine et complexe pour l’europeen moyen. Il y a aussi cet effet surprenant et indéfectible provoqué par la juxtaposition de deux cultures très distantes, reliées par des héritiers d’un passé colonial sous influence, et se laissant bercer par l’humeur que le pays décide de leur reserver avec tout ce que son histoire, son envergure contemporaine, sa multiplicité dans un monde équivoquement globale implique. Et c’est ici que l’Inde m’attire le plus, invoque le plus de curiosité et de diversité, quelque soit la region visitée.
Ce sentiment ne s’attenuera que subrecitement lors des visites succécives du Sri Lanka et du Népal. Probablement trop peu de temps et une actualite politique assez problematique. “L’Ouest” comme on l’appelait encore dans ma tendre enfance, a bel et bien mis les pieds dans le plat depuis longtemps, et n’a pas arrete d’y revenir, plus (ou moins) conscient de la portee de ses actes.
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Il ya beaucoup de russes (et plus) avec des chapeaux de cowboy pour discothèque qui ne s’occupent absolument pas des vaches sur la plage, et puis se préocupent encore tant du regard des autres. Il reste un hippie d’un autre age qui remonte trois ou quatre cents grammes d’algue sous les palmiers. Pas trop, et de l’ombre, bien assez, comme s’il s’agissait juste de temperer avec la montée des eaux. Il y a quelques indiens urbains en vacances, plutot discrets, voir timides, presque silencieux. Cette plage est soi-disant sacrée. Du moins celle d’à côté, et un peu comme une femme, celle de truffaut, elle n’a pas encore eu le loisir de se faire trop envahir. Meme le vendeur de peanuts se pointe très tôt, entre midi et deux, comme si l’on était supposé boire le Pastis dans l’heure qui suit. Et à la fin de journée, et pas du film, il y a un feu et puis certains regardent le soleil comme si c’était la dernière fois.
Parfois je ne réalise probablement pas bien à quel point mes compatriotes européens sont “perchés”, embaumés dans leur propre prétention et propension à ne pouvoir oublier leur héritage culturel, leur patrimoine ‘psycho-social au moins le temps d’un séjour “étrange” en vacances. Tout ca pour revenir paisible à la maison, être âme ou encore “etre âne”… C’est malgrè tout fantastique car ca évite possiblement de les voir muter en cas social, voir en pur psychopathe. Moi je suis un touriste professionnel, alors évidement les paramètres socioculturels, cette indulgence exagerée, je les laisse aux tendanciers finansciemment verbeux, aux medias, aux ecrivains célèbres, et autres ‘entertainers’ du monde contemporain.
En fait le sentiment conséquent à cette brève rencontre de Virginie avec deux sikhs, n’avait rien d’incongru. Il etait simplement inattendu, surtout après avoir croisé un escadron de manifestants aux intentions politiques impregnées d’une humeur indéniablement sarcastique. Un post-adolescent au couvre chef militaire qui rêve d’une carrière dans le mass-media et pose pour la photo devant le Museum of Fine Art. Pour couronner le tout un trio féminin de photographes du dimanche, attendant que la brise se meure pour imprimer leur image sur la pellicule ou le senseur de leur machine à photographier.
(2nde série en partant de la gauche)
(3eme série en partant de la gauche)
En outre mes intentions photographiques, tout à fait respectables, se succederont jusqu’à aujourd’hui, demain ou même après demain comme si de rien était.
Ou que l’on se promène, que l’on fasse des rencontres mémorables, ces deux mots (rencontre+mémorable) sont proprement adéquats pour la meilleure image à mettre en boîte. D’après, d’avant et du moment que c’est présent, ça finit toujours en passé plus que parfait.
Traverser la Corse, après un bref séjour sarde, avec une japonnaise ne parlant ni anglais, italien ou francais, mais captant plus que l’ensemble des bavards environnants, fut également une experience sans précédent. Les à-côtés des rencontres de la brève rencontre sont à la photographie, ce que les insultes sont au language : des instantanés pré-préparatoires antécedents au clic sous le bouton. Pour le mode d’emploi, je ne vous conseille pas de contatcter monsieur Perec, car comme vous le savez surement, il est mort depuis longtemps. Ces instants fixes, arrêtés en deux dimensions, font à chaque fois de ces images une exception, à vos yeux et à ceux de celles qui sont animées. Un point de vue presque oublié par beaucoup depuis des années, et n’y trouvant peu à redire alors la photographie devrait se satisfaire d’elle-même ? Ce cas de figure où la seule légende acceptable serait dans l’absolu, le moment, la date, l’heure ? Oui et presque pas, et bien sur beaucoup plus commence avec autre chose, l’environnement, la situation, les circonstances dans laquelle la photo est vue, montrée. En l’occurence, à l’heure actuelle, l’internet fait souvent office de grande décharge, presque publique et sans odeur.
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Une de mes photos les plus intéressantes, et dont la réalisation m’a amené a découvrir un bout de la Grèce differement, est cette effusion de lumière abstraite due a un mouvement brusque lors de la prise de vue.
L’image a été prise à deux, où même à trois, si l’on compte l’appareil. Un flic grec, peu decidé à faire preuve de patience ou ne tolerant que trop peu la photographie de sapin de Noël enguirlandé d’ampoules, s’est décement pris un coup de flash en pleine figure. Aussi ce badaud m’avait tiré par l’épaule juste au moment je testais le declenchement du flash sur le second rideau (sur le sapin municipal). Résultat : quatres heures au commissariat de cette ville du nord-est du pays pour une conversation sans intérêt (si l’on peut appeler ça une conversation) et une photo souvenir (l’horloge et le Jésus de la flicaille).
Brève d’ennui : je suis liberé du bureau ou du couloir (comme vous voulez) vers 7 h, ce qui me permet juste de louper mon bus pour rejoindre l’Adriatique, et donc sauté dans celui me déposant aux portes de Dodona. Il pleut, la lumière est enrhumé. Il y a un peu de brume, le site est magnifique, et rejoindre le ferry pour l’Italie deviendra alors le but de la journée.
Et ça et là, quelques photos, beaucoup de marche, un prêtre orthodoxe, une autre voiture, un bus et j’arrive a une nuit de Brindisi.
Je viens probablement de réaliser la meilleure photo d’un bref passage en Grèce ou presque. En fait c’était la veille : la coiffe d’une dame dans le bus… Peu importe si je considère seulement celles d’après, de l’autre côté de la mer. Aussi elles sont peu de souvenirs ces photos que j’apprécie tant, et très très peu nombreuses si de qualité.
La police, les putes, les reverbères, les furieux, les films, les anecdotes, etc, c’est une bonne farce pour gens de théatre, un bon plat de nouille pour les detracteurs du vaudeville. Et ceux qui se fliquent l’existence, ca vous flinguerait presque votre journée, ou bien votre nuit, comme avec ces faux patriarches grecs portes flingues. J’ai eu le privilège d’en croiser des tout aussi idiots à la frontière franco-espagnole, à Jerusalem, Naples, Baltimore, Mitovitca, à Paris dans la Goute d’or ou encore dans le Dakota en plein Badlands. Et que ce soit le temps d’un quart de millénaire ou d’un épisode de Colombo, ca devient en défitinive assez vite lassant. A un certain degré, y en a qui appellent aussi ça de la manipulation, et le plus cocasse ou critique, c’est quand on est obligé d’en venir aux mains.
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“Slave trade”, la “traite des blanches” en francais : non ce n’est pas exactement ça. On dit “human trafficking”. Comment le photographier pour que ce soit quelque chose ? Je me le demande toujours. En descendant de l’Everest lors de mon incursion népalaise, j’ai rencontré deux personnes affrontant la question depuis plusieurs années. Cela pour dire qu’il n’y a pas que des rencontres sans conséquences.
Un problème d’étude dans la constance, la durée, souvent invisible comme le soleil chaque jour avant qu’il se lève, avec une éclipse de tremps à autre. Tres dur de voir à travers les mailles du filet quant la prédation émerge de partout, au dehors et en dedans.
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Les vendeurs ambulants du nord-est de la Grèce provoque aussi de la compassion (même sans musique), surtout quand les piétons en question sont des ‘gypsies’. Ca fait parti du paysage mais ça fond (mal)heureusement pas aussi vite que la neige en décembre ? Pourquoi en décembre et pas en Patagonie ? Parce qu’il y a réellement un problème de réchauffement climatique ?
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L’image des cheveux sous la robe de ma soeur dans les soirées bruxelloises ou encore d’un autre prêtre grec orthodoxe, cette fois à vous emmerder parce que vous prenez son chat en photo, n’a pas été completement reve. On s’en etait presque donné à coeur joie de visiter ces monastères sur stalagmites géantes, d’approcher le vide par grand vent avec un parapluie fermé (je me suis senti deux minutes comme Sherlock Holmes ce jour là).
Un minibus loué en tir groupé ‘érasmusant’, moi et le basque et trois étudiants visitant leurs consorts expatriés.
Le voyage d’Athènes aux Météores se déroula sans emcombre, pas de Vicar in tutu, juste Dido à la radio après la tombée du jour. Le chat et la souris à Delphes ou un oracle sans les mains. Le ciel était presque tout le temps gris, differents gris.
Rien de surnaturel, mais deux journées valables. Et la plaisanterie du ‘kinder’ : à la question “Quant vivre en France à nouveau et plus longtemps ?” que l’on me posa doucement, je repondis brillament : ”quand tu seras capable de monter le jouet surprise sans casser la coquille”.
Plutôt et plus tard pourquoi pas a San Francisco (et pas) BC (?)
48 heures plus loin et je suis transporté dans mon sommeil jusqu’à de louables rives italiennes, sur la voie romaine de l”irredemption’.
Et le temps est au plus fort ce matin de décembre deux mille deux à Brindisi. Rien de spécial sinon des nuages multicolores juste avant l’arrivée au port, et plus tard un homme avec de la graisse sous les bras, qui m’indique qu’on ne parle pas aux femmes comme ça dans son pays. Sacré rigolo et drôle de drame pour pur sexiste aux manières de naguerre.
Suite à cette introduction désastreuse aux us et coutumes italiennes, je prends mes clics et mes clacs et un bus pour Rome avec pour seule compagnie un guide vert inutile.
L’anecdote du chauve furieux reste d’une importance toute relative, dans un pays où le cinéma est un truc très largement aussi vieux que le machisme. Cela dit, j’oubliai probablement trop souvent, à l’époque, de regarder les filles. Et en Italie leur statue est à peu pres aussi important que le Colisée, les pâtes et la douce théatralité des traditions, avec ou sans la voiture. Néanmoins Naples saura me reserver assez de moments agréables et de souvenirs recommendables.
On retrouve toujours un peu des autres chez les autres. En vacances ou dans la rue. C’est en traversant l’ex-Yougoslavie que je croise un monsieur du coin avec ses deux sbires, au volant et a la place du mort, et que j’apprecie l’italien dans toute sa simplicite. L’homme craque pour sa boutique de Milan et son fils qui revient d’un voyage scolaire à Paris. Tout ca conté dans cette langue que je comprends, mais ne parle malheureusement pas.
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La distance avec les choses permet toute réticence à prendre ou ne pas prendre, la photographie comme il conviendrait bien souvent. Il s’agit de savoir si le moment est valable plutôt que décisif. Et sans trop calculer, si appuyer sur le bouton, quoi qu’il arrive, en vaut la peine. Il n’y a aucun danger et puis ca peut parfois vite dégenerer en bagarre.
C’est presque arrivé il y a deux ans a Berlin. Alors que ces bouffons prétendaient avoir entendu un clic, ils voulaient appeler la police. A savoir qu’après un coup de pied mal placé, j’en avais tiré un par la jambe en descendant dans le metro…. ces oiseaux déguisés en punk, relativement éméchés, invoquaient le “droit” a l’image (?), et avec tout ce qu’ils pouvaient y mettre de germanique. J’aurai probablement dû invoquer le droit de vote, ou celui du FSB, spécialement durant la chute dans l’escalier. J’ai juste explicité à chacun de ces abrutis qu’ils pouvaient aller se faire voir eux et leurs ancêtres, chiens, femmes et enfants, dans le meilleur des mondes.
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La meme réplique que j’avais quatre ans auparavant, octroyé a un espèce de beauf à Tel Aviv. C’était en fin de journée sur le marché en remontant de la plage. Evidement certains pourront dire qu’à l’époque je me preocupais du sort des racistes, ou/et integristes du poil au menton. Aussi il ne s’agit pas de faire l’apologie des bons sentiments, mais ce poilu vendeur de legumes allait ce jour là, enfourché un africain ou ce qui y ressemblait, pour une histoire d’oeuf ou de courgette. Et primo : la future victime parlait francais, secondo : je le savais pour l’avoir rencontré quelque jours plus tôt ; je me suis donc interposé. Heureusement, il y eut aussi une grosse dame à s’en meler, elle non plus pas du coin, mais nettement plus polie.
http://julkrauss.blogspot.com/2008/02/gone-shopping.html
Tout cela étant véritablement passionant, ca vous fait relativiser quant a l’utilisation de votre appareil photo. En outre les rapports conflictuels avec les indiens ont été pour ma part totalement inexistants… Ces gens sont, semble-t-il, super zen, et en l’occurence avec l’europeen moyen. Et puis depuis Alexandre Legrand, ils sont habitués à les voir défiler les mecs de l’”occident”.
Cela dit, comme partout, il y a ces moments où ils veulent bien ou non se faire photographier les gens. Et dans tout ca, il y a ceux qui feignent d’oublier facilement que l’image à un prix ! Ou alors quand elle s’étale impassiblement sur l’ecran de l’appareil photo, le commentaire de la victime vous arrive aussi instantanément que ce bon vieux snapshot du milieu du siècle précédent.
La photographie digitale et sa contagion à toute forme d’appareil possible et imaginable, a déjà fait pas mal de dégâts et éradique toujours plus chaque jour qui passe. Presque trop nombreux parfois sont ceux de Nairobi à Calcutta, qui vous pointent leur téléphone sur le coin de la face comme s’ils travaillaient pour votre conseiller en image ou le coiffeur de ma femme. Ensuite il y a ces engrenouillés de francais qui se sont fait voter une loi sur le droit a l’image, même que Mussolini et son compagnonage futuriste n’en auraient pas voulu.
Naturellement je veux bien reconnaitre certains désagrements à se faire tirer le portrait comme ça, ni vu ni connu, comme si votre bureau était une bouche de métro, mais une fois de plus, je ne me vois pas ditiramber sur les bienfaits de la photographie dite “sociale”. En même temps il y a trois ans et trois mois exactement, après République, sur la rue Saint-Maur, juste avant Oberkampf, je me pointe chez l’EDF à trois heures de l’apres-midi, et qu’est-ce que je trouve sur le paillasson de la fée électricité ? Deux indiens déplumés du Bengal ou du Bengladesh, et en pleine sieste sur des cartons du galeriste d’en face. Quelques jours plus tard, revenu sur les lieux du crime (z’avaient l’air tellement assommés à poing fermés qu’y avait pas vraiment mendicité), je nai pas manqué de mettre le cliché en boîte. A l’époque où Arcelor Mittal n’était juste qu’un peu plus qu’embryonnaire, ces dormeurs à la merci de la maréchaussée, n’avaient encore pu trouvé une canadienne et son sponsor tel MSF du très futur proche ministre des affaires étrangeres (françaises ?).
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J’ai donc quelque part, malgrè le droit a l’image, une photo de ces loustics du Pakistan ou de l’Hindustan. Et ce n’est pas pour dire que j’aurai peut-être pu rester là-bas pour en faire plus des rencontres orientales.
Aussi faudrait pas oublier qu’en Inde, c’est vous l’étranger. Et puis les touristes, s’ils ne sont pas tous missionnaires, et souvent en partance pour l’Asie du sud-est, ils ne sont malheureusement pas non plus, tous contre la pédophilie. C’est là que je deviens pro-Charlton Heston et même pire que ca. Quant bien même Ben Hur reste un de mes films prefere je ne tiens absolument pas à égarer l’improbable lecteur ou lectrice.
Donc pour faire court et en revenir à mes blanc-becs de moutons de touristes : dans un des deux pays les plus peuplés d’un monde (où l’homme le plus puissant est sensé être bicolore), le très très tres gros du troupeau n’est en général pas noir et bien gras du porte-monnaie à côté de l’immense majorité indienne. Et je sais qu’ils vont pas le dire, mais je suis sûr qu’il y en a pas mal que ça tracasse…
En outre moi je suis toujours près à entreprendre un safari martien ou une expédition lunaire.